LANCER SA START-UP : L'ADMINISTRATIF

LANCER SA START-UP : L'ADMINISTRATIF

Dans l’article précédent, on a vu l’ensemble des “faux” freins que nous imaginions avant de lancer officiellement Wizart Factory. Tout cela est bien beau, mais que faut-il alors pour transformer réellement son projet en entreprise ? En vérité, pas grand chose. La principale distinction entre le mode projet et l’entreprise réside dans l’existence d’une structure légale.

Votre activité ne changera pas radicalement entre ce que vous faites déjà en mode projet et la création de votre entreprise. Très concrètement, pour Wizart Factory, nous avons enregistré nos premières ventes longtemps après la création de l’entreprise. Nous avons juste continué à faire ce que nous faisions déjà à savoir, travailler sur nos prototypes et rechercher des sous-traitants pour les fabriquer en petites séries.
Le statut légal de l’entreprise ne devient véritablement nécessaire que lorsque vous souhaitez enregistrer vos premières factures de ventes et/ou d’achat.
Néanmoins, quelques discussions et documents étaient nécessaires avant de faire de Wizart Factory, une véritable entreprise :

I. Le Business Plan :

Si vous ne savez pas ce qu’est un Business Plan, pas de panique. Beaucoup d’auto-entrepreneur développent leur activité sans jamais en avoir entendu parlé. Le “Business Plan” est le document qui décrit en détails votre service ou produit, vos clients cibles, les canaux par lesquels vous allez les contacter, si vous allez avoir besoin d’un point de vente physique ou uniquement d’un site internet, etc... Bref, le Business Plan fait à la fois office de carte d’identité de votre entreprise, mais également de fiche de route avec les grands jalons et objectifs que vous vous fixez. Il vous permettra d’avoir une vision claire de votre entreprise ainsi que de son évolution potentielle.
A titre d’exemple, certaines entreprises ont pour stratégie d’être revendues après avoir atteint un certain niveau de valorisation. Vous pouvez avoir pour objectif de devenir une multinationale avec des milliers d’employés d’ici cinq ans ou au contraire vouloir à tout prix rester une entreprise à taille humaine. Il n’y a pas bons ou de mauvais objectifs : c’est votre entreprise, votre stratégie ! Définir votre stratégie de sortie vous permettra de diriger votre entreprise dans une direction précise et évitera de potentiels conflits futurs avec votre/vos associé(es).
Le Business Plan peut également vous permettre d’aller négocier des prêts avec votre banque. Votre banquier demandera toujours à voir votre Business Plan pour juger de l’intérêt et de la faisabilité de votre projet.
Petit conseil aux personnes qui ne seraient pas familières avec l’exercice du Business Plan: avant de vous lancer dans la réalisation d’un dossier de plusieurs dizaines de pages, commencez d’abord par établir un Business Model Canvas. Aussi connu sous le nom de matrice d’Osterwalder, il s’agit d’un tableau dont les cases représentent les différentes questions essentielles à se poser pour la création de votre entreprise.

II. Les statuts juridiques :

Ca y est ! Enfin ! On arrive au véritable point de départ de l’entreprise : l’établissement des statuts juridiques. C’est à partir de là que les véritables problèmes commencent !
Premièrement, il va falloir choisir le statut adapté à votre entreprise : SAS, SARL, EURL, SASU, etc... Il existe de nombreux acronymes tous plus obscurs les uns que les autres pour définir légalement votre entreprise, mais nous ne sommes pas ici pour les expliquer (d’autres blogs et articles bien documentés le font déjà). Dans le cas de Wizart Factory, nous avons opté pour le statut SAS en raison de sa flexibilité par rapport à l’ajout de nouveaux actionnaires et de la simplicité des obligations légales en termes d’assemblée, de réunions du comité exécutifs, etc.
Ensuite, il est possible de faire établir vos statuts par un juriste spécialisé en droit des affaires ou bien, de partir d’un modèle (accessible sur Internet) et de le compléter vous même avec les caractéristiques souhaitées. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur le sujet des statuts dans un prochain article consacré aux escroqueries à éviter avant et après le démarrage de votre activité.
Pour Wizart Factory, nous avons choisi la deuxième option : partir d’un modèle et définir nous-mêmes les statuts était une activité longue et peu amusante, mais importante à nos yeux. Cela nous a permis d’une part d’éviter un coût financier avant même le début de l’activité et d’autre part, de mieux comprendre les droits et obligations liés à notre statut juridique.
Une fois vos statuts juridiques rédigés, il vous faudra les soumettre au Tribunal.

III. La banque

Pour encaisser l’argent de vos premières ventes, il va naturellement vous falloir un compte bancaire. Comme expliqué quelques lignes plus haut, pour ouvrir un compte professionnel, le banquier vous demandera sans doute votre Business Plan comprenant votre prévisionnel financier sur 3 ans.
En réalité, cette partie n’est cruciale que si vous souhaitez obtenir un prêt auprès de votre banque. Dans notre cas, nous souhaitions simplement ouvrir un compte pour encaisser nos clients et payer nos fournisseurs. Si vous êtes également dans ce cas, il vous faudra uniquement un apport financier à déposer sur votre compte professionnel d’un montant égal à celui indiqué dans vos statuts : c’est le capital social. C’est lors de l’ouverture des comptes et du dépôt du capital que votre entreprise sera officiellement créée.
Vous pouvez déposer le montant que vous souhaitez, cependant, gardez en tête que le capital est une information publique et qu’un capital trop bas pourrait donner l’impression à vos fournisseurs et partenaires que vous ne serez peut-être pas en mesure de les payer ou tout du moins, de les payer dans les délais impartis.
Dans le cas où vous souhaiteriez obtenir une aide de la banque, sachez qu’il existe un certain nombre de prêts et d’aides spécialement conçus pour la création d’entreprise. Vous trouverez sans difficulté ces informations sur internet et si vous souhaitez un accompagnement plus avancé, vous pouvez également vous rapprocher de la BPI (Banque Publique d'Investissement).

IV. Dépôts des statuts et publication dans un journal d’annonce légale :

Une fois que vous avez vos statuts et votre compte bancaire professionnel, les documents que vous aurez préparés vont un peu évoluer et être complétés par la chambre de commerce ou la chambre des métiers (suivant votre activité) et par le Greffe du tribunal du Commerce.
Dans notre cas, on nous avait orienté initialement vers la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie), mais cela s’est avéré inadapté. C’est en fait à la CMA (Chambre de Métiers et de l’Artisanat) que nous avons immatriculé notre société car, même si nous sous-traitions l’intégralité de notre fabrication, notre activité concerne la création d’objets faisant appel à l’artisanat.
Sur place, vous aurez à remplir l’objet de la société, autrement dit, définir quelles sont la ou les activités de votre entreprise. Un conseil, n’indiquer pas un objet trop précis car cela pourrait vous empêcher de vous diversifier par la suite. Par exemple, vous pouvez indiquer que vos prestations incluent de la vente de produits physiques, mais aussi des services. Attention toutefois à ne pas être approximatif : un objet trop court et générique sera surement refusé.
Dans notre cas, les trois étapes qui suivent ont été faites en parallèles, mais sont réalisées comme suit :
  • Vient l’immatriculation de la société avec tous les documents re-modifiés, complétés et paraphés pour un total de 250€ de frais d’immatriculation.

  • Vous pourrez ensuite déposer au Greffe du tribunal du commerce vos statuts, attestation de parution dans un journal d’annonce légale, impression des K-Bis pour un total de 68,05€.

  • Et enfin, l’étape ultime : l’annonce de la création de la société ! Il s’agit également d’une obligation légale. Il faut savoir que le prix de la publication dans un journal dépend du nombre de lignes. Cette annonce doit contenir le nom de la société, sa date de création, le siège social, le nom des dirigeants, leur adresse personnelle, l’objet de la société et le lieu d’immatriculation. Autant vous dire tout de suite que nous l’avons condensé au maximum avec au total 24 lignes contenant environ 6 mots par ligne pour un total de 116,82€.

L’ensemble des démarches nous aura pris beaucoup de temps, mais « que » 434,87€ sans prendre en compte les frais de transport entre chaque entité.
En conclusion, le passage du projet à l’entreprise vous demandera un petit apport financier, mais surtout beaucoup de courage pour affronter l’administration française !
Alors armez-vous de patience et lancez-vous lorsque le moment sera venu de passer aux choses sérieuses !
Wizart Factory, 01 juillet 2020
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